Sur tous les marchés on peut trouver des poteries, appelées plus communément
« canaris », et qui sont en grande majorité utilitaires. Le métier de potier peut être exercé indifféremment par un homme ou une femme,
bien que souvent les potières travaillent en sus de leurs activités agricoles et ménagères. La vente des produits excédentaires à la consommation ménagère ou communautaire leur assurent ainsi un
pécule qu’elles peuvent dépenser à leur guise.
Les poteries sont faites à base d’argiles trouvées près des marigots
(terre noire), des veines latéritiques superficielles (terre rouge) ou dans des galeries creusées en sous sol (argile blanche).
Les artisans potiers vont extraire eux-mêmes leurs argiles, mais peuvent
également s’approvisionner sur certains marchés comme ceux d’Ayorou, Maradi, Mirriah ….
Comme partout en Afrique, les potiers n’utilisent pas de tour, et le
façonnage s’effectue en trois phases. Les outils employés sont très rudimentaires et proviennent d’ustensiles divers récupérés et façonnés, de morceaux de bois travaillés servant à la fois
de battoir et de lissoir.
Tout d’abord, le fond est exécuté à partir d’une ancienne poterie retournée servant de moule et le montage exécuté par ajout de petites mottes intégrées par
une pression de doigts. En faisant tourner la poterie, la potière peut ainsi définir sa forme et sa grandeur. Les lissages intérieurs et extérieurs sont exécutés en même temps avec le
battoir.
Les pots sont ensuite renversés et mis à sécher pendant 24 heures avant
d’être décorés et vernis selon les régions, par des dessins plus ou moins raffinés, en utilisant des colorants naturels.
Les décors sont excessivement dépouillés, à base de motifs géométriques, le
plus souvent rouges (ocres rouges ou latérites pulvérisées additionnées d’eau), de jaune brun (ocre ou latérite), de noir (terre noire ou suie) et de blanc (kaolin ou calcaire pulvérisé
additionné d’eau).
Les « vernis » sont faits à base d’infusion de graines provenant de « l’arbre à tanin ».
L’étape finale : « la cuisson » s’effectue sur des aires
concaves, servant de fours rudimentaires, à l’orée des villages et à l’abri du vent, en général en fin de journée, et rassemble la fabrication des
différentes potières, assumant ensemble les préparatifs.
Le four ayant été chargé en petits bois secs, une fois toutes les poteries
soigneusement disposées et calées avec des tessons, les plus grosses à l’extérieur, on recouvre le tout d’herbes sèches, de tiges et de balles de mil, puis on allume le feu et les femmes surveillent la combustion pendant environ 1 à 2 heures. Après vérification de
la cuisson à l’aide de grandes perches, les poteries sont laissées sur place jusqu’au lendemain, où chacune viendra récupérer sa production pour l’emmener au marché.
Ainsi à Niamey, en face du Petit Marché, l’on peut retrouver le marché aux poteries en
provenance principalement de Boubon, ou d’Ayorou amenées ici par différents mayens allant de l'acheminement par le fleuve, des charrettes à tractions asines ou plus prosaïquement par taxi
brousse.
On ne trouvera pas mieux pour conserver l’eau fraîche quand la température
en saison sèche atteindra 45°…
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