Je suis arrivée dans ce Niger, si bien décrit ici par Jocelyn-Etienne Nugue, sans savoir où
j’allais, simplement par « obligations conjuguales ». J’ai découvert ce pays. On m’avait
prévenu que j’en tomberai amoureuse et le « bonne arrivée » traditionnel et mille fois répété, s’est révélé être une
« vérité » !
Inoccupée dans un premier temps, je me suis mise à arpenter les différents marchés de Niamey – Petit marché, Grand marché,
Wadata, Katako...bien qu’il soit difficile ici de savoir où commence un marché et où il finit, tant l’enchevêtrement des micro-stands bariolés et des
ruelles avoisinantes est dense, vivant , concentré et débordant.
Perdue : jamais, toujours souriant, un guide
improvisé grand ou petit, m’a accompagnée sur le « chemin » et m’a permis de continuer allègrement mes découvertes.
Jamais lassée, parfois assoiffée, poussiéreuse, mais heureuse, j’ai appris à m’orienter dans
tous ces dédales, à marchander, à ne jamais me fâcher quand je ne suis pas d’accord sur une transaction, à toujours trouver une base de négociation et à repartir satisfaite et
« chargée ».
Au fil des mois et de « la latérite », je me suis liée d’amitié aux artisans que je côtoyais d’abord pour l’aménagement de notre maison et ensuite par simple plaisir de
« palabrer ». Echange de bons procédés : petit cours de gestion et d’alphabétisation contre apprentissage de leur dextérité,
inventivité, savoir faire artisanal, dans un pays où l’artisanat et l’art sont si étroitement liés qu’il est difficile d’en saisir la
frontière !
C’est pourquoi il était important pour moi, d’ouvrir une fenêtre extérieure avec les
artisans nigériens, afin de vous faire rencontrer « mon Niger »,
chaleureux et tolérant, méconnu et si peu touristique.
J’aimerai vous faire découvrir le Niger à travers ses marchés, qui prennent leur temps pour se mettre en place et atteindre leur
pleine animation qu’en milieu de journée quand tous les artisans-commerçants, venant des différents
villages alentours - en taxi brousse, charrettes ou tout simplement à pied - ont fini de
s’installer .
L’artisanat local avec des partenaires pratiquant un commerce équitable
permet aux artisans d’améliorer leurs conditions de travail et de retirer des revenus corrects de leur activité.
En outre, les bénéfices d’AFRIKADES, permettent de financer des cours d’alphabétisation, d’acheter des fournitures et du matériel scolaire, dans un pays où l’analphabétisme
atteint les 70%.
Bons marchés !
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