Le jour de marché est presque toujours un jour de fête, une
rencontre hebdomadaire, souvent le dimanche, mêlant étroitement distraction et négoce où il est important de se montrer.
Les marchés au rythme de l’Afrique, prennent leur temps pour se mettre
en place et n’atteignent leur pleine animation qu’en milieu de journée.
La raison la plus évidente est que beaucoup viennent de loin pour
assister et participer à ce spectacle. Et l‘on rencontre sur la route, des kilomètres avant d’arriver
des colonnes de femmes à pied portant leur stands sur leur tête, des petites caravanes d’ânes montés par les femmes nomades, transportant paille, bois, poteries, canaris et calebasses décorées et
autres produits à vendre.
Lors des grandes manifestations annuelles, il n’est pas rare de voir
des hommes enturbannés arriver à cheval ou sur des chameaux harnachés de couleurs vives.
Un vaste emplacement est réservé, au centre ou en bordure du village,
composé d'un enchevêtrement de petits abris de paille ou de tôle.
Les artisans sont disposés par corporation : marchands de peaux et cordonniers, marchands de calebasses et de poteries, de nattes et cordages, d’outils de menuiserie, forge et
ferblanterie de récupérations, occupent toujours les mêmes concessions. Il en va de même pour les bouchers, le mil en gros, le sel, le natron, les épices et les produits
alimentaires.
Le marché au bétail et au fourrage se tient sur un emplacement
réservé, légèrement à l’écart et parfois même à l’opposé du village, selon son importance.
Certaines catégories d’artisans (ceux dont l’activité nécessite peu de
place et d’outillage) installent un atelier provisoire sur place, derrière leur étalage et peuvent ainsi fabriquer, décorer et réparer à la demande : cordonnier, selliers, graveurs et
réparateurs de calebasses, ferblantiers et bijoutiers, tresseurs de cordes.
Il n'est pas rare également de trouver un meunier avec un moulin artisanal et l'on peut
ainsi transformer ses grains en farine sur place.
Les femmes, en dehors des denrées et préparations alimentaires qu’elles ont confectionnées, se contentent d’amener leurs nattes et poteries mais vendent également
des matières telles que bottes de palmier-doum naturelles ou teintes, pains d’argile et ocre, teintures.
Les marchés du Niger ont souvent leur propre spécificité encore
apparente aujourd’hui et ce malgré la multiplicité des importations étrangères, principalement chinoises :
Mirriah : marché dimanche - est réputé pour ses poteries et ses calebasses gravées,
Madaoua : marché dimanche - pour ses nattes tressées de
couleur vives par les femmes bouzous ;
Balleyara : marché dimanche - pour les vanneries (nattes,
couvercles et suspensions de calebasses) et les tissages peuls et djermas
Ayorou : marché dimanche - pour son important marché aux bestiaux surtout en période de Tabaski,
et l’on peut également y trouver les productions des femmes nomades peuls et bellahs ;
Filingué – marché dimanche – pour son artisanat du
cuir ;
Boubon – marché mercredi – très touristique, réputé pour ses poteries
djermas à décoration blanches ;
Et bien d’autres encore …
Mais partout l’animation y est chaleureuse, foisonnante, et
fructueuse !
En fin d’après midi, sur le chemin du retour vous rencontrerez les
mêmes petites colonnes, à pied ou sur le dos des ânes, allégées de leur vente, qui retournent dans leurs villages pour préparer la prochaine rencontre !
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